mardi 10 janvier 2012

Corpus Christine de Max Monnehay




« Il était seul. Seul dans la maison d’Annie Wilkes, enfermé à clef dans une chambre. Dans un lit. »
Stephen King, Misery
On pense évidemment à Misery dès lors qu'on entend l'histoire de Corpus Christine.
Un homme rampant est prisonnier de sa tortionnaire de femme dans son propre appartement. Séquestré pendant trois ans, il raconte son martyre, dépérissant peu à peu tandis que sa femme l’affame à un rythme contrôlé alors qu’elle s’empiffre, devenant obèse.
Le martyr s’adresse à nous directement, nous apostrophe, nous prend à partie sur sa condition.
C’est sombre, c’est violent, c’est cruel et cinglant, mais avant tout, c’est beau.
L’horreur est distillée pour découvrir une histoire charnelle et contradictoire sur la frontière entre l’amour et la haine.
Nous, lecteurs voyeuristes et malsains, on en redemande et on s’interroge, se demandant comment une demoiselle de vingt-cinq ans, dans un premier roman, peut nous pondre un récit d’une si cruelle finesse.

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