Affichage des articles dont le libellé est -Jeunesse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est -Jeunesse. Afficher tous les articles

samedi 15 juillet 2017

Quelques minutes après minuit, de Patrick Ness



Au chevet de sa mère, atteinte du cancer, Conor fait un cauchemar récurrent.
Quelques minutes après minuit, l'immense if en face de sa fenêtre se transforme, passant de simple arbre à un monstre gigantesque qui apporte avec lui l'obscurité... et trois étranges histoires. 
Mais une entente est passée entre l'arbre et le jeune garçon, et une fois que le monstre aura conter ses trois récits à Conor, celui-ci devra lui raconter le quatrième, la vérité que la chose est venue chercher...

Quelques minutes après minuit, c'est l'alliance parfaitement réussie de trois facteurs. L'idée originale de Siobhan Dowd pour commencer, qui n'a malheureusement pas eu le temps d'achever son histoire, emportée par la maladie. Puis, la plume talentueuse de Patrick Ness, qui a alors pris le relais pour livrer ce conte poétique et poignant. Enfin, les illustrations de Jim Kay subliment totalement l'histoire et l'Imaginaire de ce récit.

Fable fantastique et onirique, A monster call (titre dans sa version originale), possède cette puissance émotionnelle sans pareille et bouleversante, dont on ne ressort pas indemne.

Plus qu'un coup de cœur, Quelques minutes après minuit est tout simplement la plus belle histoire qu'il m'ait été donnée de lire, rien que ça.

samedi 23 janvier 2016

Par bonheur, le lait... de Neil Gaiman, illustré par Boulet




   Qui aurait pu croire qu’une simple bouteille de lait (« pas de zéro pourcent de matière grasse. Le goût, on dirait de l’eau ») puisse apporter autant de problèmes ?
Pas ces deux enfants en tout cas, qui, à court de lait pour manger leurs céréales (car un CrocMiam sec c’est « pas trop mal, mais pas aussi bon qu’avec du lait ») ont envoyé leur père en acheter. Mais ce qui devait être une simple course se transforme en une aventure absurde et fabuleuse.
   Voyage dans le temps, pirates, extra-terrestres maladroits, dinosaures explorateurs (et inventeurs du mot « bouton », il fait bon de le préciser), poneys colorés et intelligents, piranhas (d’eau douce, il fait encore bon de le préciser) ou encore vampires (enfin wompires), toutes les étrangetés les plus loufoques y passent et le père nous raconte une histoire rocambolesque et farfelue au possible, pour notre plus grand plaisir.

   Dans Le jour où j’ai échangé mon père contre deux poissons rouges…Quoi ? Tu ne l’as jamais lu ?! Alors arrête tout de suite de lire cette chronique et empresse-toi d’aller le chercher chez ton libraire préféré ! (Ah, c’est moi ? Petit flatteur, tu sais t’y prendre)
Bref, je reprends… Dans Le jour où j’ai échangé mon père contre deux poissons rouges donc, Neil Gaiman, malgré sa représentation drôle du père inconscient, à qui il arrive toutes sortes d’aventures sans même qu’il ne lève le nez de son journal, ne donne pas une image très positive du rôle de papa prêt à tout pour ses enfants. C’est donc chose réparée ici en nous présentant un père dévoué, qui ferait une tonne de choses passionnantes et passionnées pour ses chérubins.

   Passons maintenant aux illustrations. Dans la version américaine de Fortunately, the milk, c’est l’excellent Skottie Young (à qui l’on doit notamment le sublime Magicien d’Oz ou encore des Marvel très originaux) qui s’en charge. Dans sa version britannique, le remarqué Chris Riddell (Chroniques du marais qui pue, Apolline en mer…) vise juste.
Pour notre version française, Boulet nous fait cet immense honneur. Et le pari est réussi tant ses illustrations sont rythmées, drôles et pertinentes (parfois en double page fourmillant de détails).

   Alors oui, Par bonheur, le lait est ouvrage jeunesse, mais pas que. Il s’adresse tant aux petits qu’aux plus grands, qui ont su garder leur âme d’enfant. Et même aux plus petits, en étant lu à haute voix (croyez-moi, ça a son charme).

   Par bonheur, le lait est un véritable hommage à l’imagination, à tous les papas du monde, à leurs enfants, et au petit-déjeuner !


jeudi 26 décembre 2013

Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires de Brandon Sanderson



Alcatraz Smedry casse à peu près tout ce qu’il touche. C’est pour cela que Miss Fletcher, son assistante sociale le change régulièrement de famille d’accueil. Car Alcatraz est aussi orphelin. Du moins, le croit-il, jusqu’à ce qu’il reçoive un étrange colis de son prétendu grand-père, qu’il croyait décédé. Un colis qui contient tout son héritage en la forme d’un simple sac de sable. Commence alors pour Alcatraz et son grand-père un peu frappadingue, une étrange aventure qui les mène dans un monde dont peu connaissent l’existence. Un monde appelé Royaumes Libres, et régit par d’infâmes bibliothécaires…
On retrouve avec plaisir, dans la saga Alcatraz (composée de 4 tomes), le talent narratif de Brandon Sanderson, qui nous avait laissé avec l’excellente série Fils-des-Brumes. Même si Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires s’adresse clairement à un public plus jeune que Fils-des-Brumes.
Chaque début de chapitre, Alcatraz, antihéros maladroit auquel il est facile de s’identifier, s’adresse directement à nous, nous apostrophe et nous implique dans son aventure (prétextes parfois aux plus délirantes digressions comme son aversion pour le poisson pané), créant une complicité agréable pour un public qui se veut plus jeune que dans les autres écrits de Sanderson.
L’intrigue s’enchaîne en un rythme fou sans interruption au fil des pages, et, plus fort même, au fil des quatre romans. Tous les ingrédients requis au genre sont présents. Du suspense, des retournements de situations et coups de théâtre, une bonne dose d’humour et des personnages loufoques et attachants en font une œuvre forte de la littérature fantastique jeunesse.
On notera l’ingéniosité de casser l’image du bibliothécaire en le transformant en génie du Mal. En limitant l’accès à la culture au lieu de la transmettre par les livres, ces bibliothécaires malsains modifient les Royaumes Libres en une dictature quasi-Orwellienne.
Petit plus, si on est assez attentif, on peut y trouver une seconde lecture, très subtile, où Sanderson s’amuse à casser les stéréotypes du genre fantasy (Pullman ou même Gemmell y sont cités) avec beaucoup d’humour et d’originalité. Si toutefois, vous passiez à côté de ces références, cela ne dérange pas le moins du monde la lecture fluide et joviale que nous offre Alcatraz.

lundi 4 février 2013

L'homme à l'oreille coupée de Jean-Claude Mourlevat




« Il y avait dans un port de la Norvège un très vieil homme à qui manquait une oreille ».
Comme chaque soir, dans l’auberge où le vieux marin va s’enivrer, on lui demande comment il l’a perdue.
Et chaque soir, ce formidable conteur raconte une histoire différente. Et quelles histoires !
A l’entendre, il a eu mille vies et a perdu cette fameuse oreille mille fois.
Mais où se trouve la vérité ?
Jean-Claude Mourlevat, dans ce texte très court, nous prouve encore une fois son génie narratif. L’écrivain de Terrienne et Le chagrin du Roi Mort mène à merveille cette nouvelle, car il n’est pas aisé de raconter une histoire en si peu de pages, alors plusieurs !
On aimerait que chaque histoire soit vraie tant elles sont inventives. La conclusion est quant à elle tout simplement géniale. Sauriez-vous découvrir le fin mot de cette affaire ? Je n’en mettrai pas mon oreille à couper !

samedi 17 novembre 2012

Le jour où j'ai échangé mon père contre deux poissons rouges de Neil Gaiman et Dave McKean



Deux poissons rouges dans un bocal, c’est toujours mieux qu’un papa qui ne lève jamais le nez de son journal. Du moins, c’est l’idée qu’ont deux enfants quand ils voient arriver leur voisin Nathan avec Gaspard et Oscar.
Ils proposent donc d’échanger leur père contre ces deux poissons rouges. Ce à quoi consent Nathan.
« – Ho ! Ho ! » a fait la petite sœur.
Car quand leur maman apprend la nouvelle, elle leur ordonne bien entendu de récupérer leur père. C’est là que les ennuis commencent, car voilà, Nathan l’a déjà échangé contre une belle guitare électrique.
Ce récit absurde va déclencher une série d’aventures pour récupérer le papa qui passe de maison en maison, chaque fois échangé contre autre chose.
Loin de son univers habituel fantastique (American Gods, Neverwhere…) et même de Violent Cases, qu’il avait déjà réalisé avec Dave McKean, Neil Gaiman nous offre ici une histoire drôle, rafraichissante et remplie d’innocence qui réveille avec plaisir notre imaginaire et notre âme d’enfant.
Pour sa part, Dave McKean nous fait cadeau des magnifiques illustrations dont lui seul a le secret. Entre dessins, peintures, collages de photos et coupures de presse, il livre un traitement graphique totalement original qui correspond magnifiquement à l’ambiance du récit.
Un conte loufoque et fantaisiste et un régal pour les yeux.

samedi 20 octobre 2012

Lombres de China Miéville





Après une série d’incidents étranges impliquant un nuage incapacitant et un parapluie usagé apparemment vivant, deux jeunes londoniennes se retrouvent perdues dans Lombres, une version alternative de Londres.
Ici échouent les choses cassées et perdues de Londres.
Avec l’aide de personnages hauts-en-couleurs comme Brokkenbroll, gardien des parapluies cassés ou Hemi, le garçon à moitié fantôme, Zanna et Deeba décident de combattre ce nuage sombre qui menace la ville et qu’on appelle Smog.
De l’autre côté du miroir, dans cette cité aux charmes étranges, où il n’est pas rare de croiser des hommes avec une cage d’oiseau en guise de tête, ou des grimoires dotés de paroles, les jeunes londoniennes ne vont pas tarder à rencontrer alliés et ennemis.
Après s’être illustré dans le domaine de la science-fiction avec des titres comme Perdido Street Station ou encore Le Concile de fer, China Miéville s’essaie avec brio à la jeunesse avec Lombres, et revisite ici pour l’occasion avec ingéniosité Alice au pays des merveilles.
Il illustre aussi lui-même ce conte moderne.
Lombres confirme le talent inventif de China Miéville et le classe définitivement, à l’instar de Neil Gaiman, comme étoile montante de l’imaginaire britannique.

samedi 25 février 2012

L'étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman



Nobody Owens – plus communément surnommé Bod – est un petit garçon tout à fait normal. Si ce n’est qu’il vit dans un cimetière et qu’il est élevé par un couple de fantômes depuis que sa famille a été assassinée par un mystérieux tueur appelé « Le Jack ».
Seul vivant évoluant entre les tombes, Bod découvre l’univers qui l’entoure par l’intermédiaire des êtres fantasmagoriques qui peuplent ce cimetière.
Mais l’envie d’en apprendre plus sur le monde des vivants et la tentation d’y accéder sont de plus en plus présentes, et malgré l’interdiction de passer les grilles du cimetière (le mystérieux assassin de sa famille étant toujours à la recherche de l’enfant qui lui a échappé), Bod va franchir la ligne…
Nouvelle incursion remarquée de Neil Gaiman dans le monde de la littérature jeunesse (après Coraline, et suivront Outremonde ou encore Odd et les géants de glace), ce roman – inspiré par Le Livre de la Jungle de Kipling – est ovni de la littérature jeunesse actuelle, à la fois macabre et poétique, drôle et effrayant.
Ce « Livre-Cimetière » (d’après le titre original The Graveyard Book) mêle habillement le récit classique de fantastique pour la jeunesse avec le sous-genre communément appelé « low fantasy » ou « fantasy urbaine » : un monde imaginaire alternatif enclavé dans notre monde réel. Gaiman a d’ailleurs déjà exploré ce genre dans le « Londres d’En-Bas » de Neverwhere ou l’autre maison de Coraline. La richesse de ce roman vient d’ailleurs de ce subtil mélange des genres.
Le dénouement est à la fois mélancolique et plein d’espoir, et résume merveilleusement bien l’univers si particulier de Gaiman.
Le livre en tant qu’objet est sublime, à noter les magnifiques illustrations de Dave McKean (son complice depuis Le jour où j’ai échangé mon père contre deux poissons rouges), qui complètent le texte à merveille.

mercredi 11 janvier 2012

Coeur d'Encre de Cornelia Funke



Qui n’a jamais rêvé de voir prendre forme sous ses yeux les phrases et les personnages d’un livre ?
La magie des mots, c’est ce que nous offre ici Cornelia Funke.
Meggie, douze ans, vit retirée avec son père, Mo, relieur de livres. Un beau matin, elle découvre que son père est recherché par de dangereux individus… Car Mo a le don de rendre vivants les personnages de ses lectures, et notamment de l’ouvrage Cœur d’encre. L’un de ces personnages, Capricorne, a ainsi pu surgir dans le monde réel et est devenu très puissant ; il souhaiterait retrouver celui qu’il appelle ‘Langue magique’ à cause de son don.
Commence alors une extraordinaire aventure où l’on croise des monstres méchants, mais également des personnages de livres sympathiques et originaux pour retrouver enfin l’auteur du fameux livre. Cœur d’Encre, c’est un pavé de près de 700 pages, dont le personnage principal est le livre. Véritable hymne à la littérature, aux livres et aux lecteurs, il constitue une trilogie avec les suites Sang d’Encre et Mort d’Encre.
L’écriture est parfaite, joliment tournée, et le rythme de l’histoire s’enchaîne si bien que malgré ses 600 et quelques pages, on dévore l’aventure sans détours. Les personnages sont attachants et les créatures oniriques nous font tout bonnement rêver. Cornelia Funke, allemande, nous montre son don pour conter des histoires fabuleuses et prouve qu’elle est, de nos jours, l’une des écrivaines les plus originales en littérature fantastique de jeunesse.
Un univers fantastique où l’on plonge facilement, pour un magnifique hommage à la lecture.

mardi 10 janvier 2012

Peter Poth de Jay Alis



Cette aventure étrange prend naissance au cœur d’un vieux manoir encerclé d’eau dont a hérité Peter Poth, et la découverte d’un coffre qui détient un mystérieux secret. Peter sera alors emmené, d’énigme en énigme, vers la découverte d’un monde parallèle dont il ne soupçonnait pas l’existence. Cette aventure féerique le mettra en présence de personnages oniriques aux intentions bonnes ou mauvaises…
On peut penser à du déjà-vu. Un enfant orphelin. Un monde magique. Une menace et un ennemi récurrent. Mais la première réflexion que l’on se fait après avoir terminé le premier des sept tomes (sept tomes, sept mondes) est : Qu’est-ce que c’est original !
Les idées de l’auteur pour créer un monde unique changent vraiment de ce que l’on a l’habitude de voir.  Ici se mêle fantasy, fantastique et science-fiction pour le plus grand plaisir de notre lecture.
L’univers particulier permet de nous faire visiter des contrées qui vont bien au-delà de la frontière de l’imaginaire.
Des énigmes, de l’action, un monde féerique original et des personnages haut en couleurs et attachants font de ce livre une très agréable découverte et une grande épopée pour tout public.
Après avoir côtoyé nos héros au fil de toutes ces pages, on peine à refermer le 7ème tome, tant le dénouement est à la hauteur du talent de conteur de Jay Alis.

Fedeylins de Nadia Coste



Dans un monde où le Destin est maître mot, comment tracer sa propre route ?
Les fedeylins sont des petits êtres ailés vivant au bord d'une mare. Comme ses semblables, Cahyl éclot sur un nénuphar et doit braver de multiples épreuves pour se présenter devant les pères fondateurs, êtres qui insufflent la marque et scelle la destinée de chaque fedeylins et de leur caste. Mais tout ne se passe pas comme prévu pour le jeune Cahyl…
Du premier instant où l’on fait la connaissance de Cahyl, dans sa bulle, où l’on suit son évolution pas à pas, jusqu’à son passage à fedeylin, on ne peut que se prendre d’attache pour cet être minuscule, à part, privé de marque à sa naissance. Une marque importante qui scelle le Destin de chaque être. « Etre fedeylins, c’est accepter » nous dit la quatrième de couverture.
Cahyl est différent des autres, et c’est pour ça qu’on l’aime. On tremble, on pleure, on sursaute, on souri avec lui, on le suit à travers son parcours initiatique et ses rencontres. L’absence de marque, son caractère, son don, toutes ces choses qui l’éloignent des siens, font de lui un être exceptionnel et un personnage principal puissant et intéressant.
Nadia Coste sait nous transporter, dès la première ligne, dans un autre monde qui a pourtant tant de ressemblances avec le notre. Un monde riche, poétique et passionnant. On plonge totalement dans ce monde réduit. Le moindre détail est là pour nous faire visualiser au mieux l’univers fedeylin.
L'écriture est remarquable, d’une plume inspirée et agréable pour un monde complexe et fourmillant de détails. Un travail phénoménal de l’auteur, qui a tout réinventé (les mois de l’année, le nom du Soleil et des Lunes…) La construction l'est tout autant, et chaque chapitre est entrecoupé de contes et textes régissant la vie des fedeylins, et racontés à la manière d’un conte fabuleux.
L’auteure traite des thèmes importants de la vie : la vie en société, l’apprentissage de la vie, l’amitié et l’amour, la différence, la fratrie, la mort…
Un magnifique roman qui saura transporter jeunes et plus grands.
A souligner la superbe couverture de David Revoy.

lundi 9 janvier 2012

Coraline de Neil Gaiman



Coraline (et non pas Caroline, faites attention elle y tient) est une petite fille qui vient d'emménager dans une immense maison composée de plusieurs appartements. Délaissée par ses parents trop pris dans leur travail, elle s’ennuie fermement. En explorant la maison, Coraline découvre l'existence d'une porte conduisant à un monde parallèle, exacte réplique de sa propre vie, mais dans une version cependant nettement plus intrigante et intéressante, où vivent ses « autres » parents, copies peu conformes et totalement délurées de sa vraie famille. Mais…
Première incursion de Neil Gaiman dans le monde de la littérature jeunesse (suivront ensuite Nobody Owens, Outremonde ou encore Odd et les géants de glace), Coraline est un véritable petit bijou de fantaisie macabre, d'une délicate noirceur et d'une poésie très proche de celle d'un Tim Burton. Ne soyez surtout pas rebuté par l'appellation "jeunesse" de ce roman, il a l'étrange capacité de s'adapter à toutes les attentes : assez enfantin pour ne pas trop choquer les plus jeunes, mais jamais assez mièvre ou niais pour repousser les adultes. A ne pas mettre malgré tout entre toutes les mains, certains passages sont très durs, comme les « autres » parents, avec leurs énormes boutons en plastique cousus à la place des yeux, qui aimeraient garder Coraline à leurs côtés pour toujours.
Sorte d’ « Alice au Pays des Merveilles »  transposé dans un univers beaucoup plus sombre, où l’absurde serait remplacé par l’angoisse, Coraline est un excellent conte moderne et inquiétant qui prouve encore une fois le génie imaginaire de Neil Gaiman. A lire et voir aussi, les adaptations ciné (par Henry Selick, le papa de l’Etrange Noel de Monsieur Jack) et en bande-dessinées de Coraline.

samedi 7 janvier 2012

Reckless de Cornelia Funke



Il était une fois un royaume féérique en guerre, de l’autre côté d’un miroir, opposant les hommes aux Goyls, des êtres à la peau de pierre.
Jacob Reckless, jeune new-yorkais, est chasseur de trésors dans ce monde. Mais un jour, son petit frère Will le suit de l’autre côté du miroir et se retrouve blessé, se transformant à son tour en homme de pierre.
Jacob va tout faire pour trouver un remède à ce maléfice et sauver son frère, mais son temps est compté…
Sur cette trame basique se développe une histoire magique qui nous laisse sans voix.
Le monde de l’autre côté du miroir, sorte d’univers de conte de fées beaucoup plus sombre, est rempli de références aux contes connus, aux mythologies diverses et aux légendes scandinaves.
Ses personnages sont attachants, d’autres effrayants et l’on rencontre toutes sortes de créatures oniriques dont les Goyls sont l’exemple le plus frappant.
Les chapitres courts, chacun illustré par l’auteure elle-même, donne un rythme effréné à l’histoire, accentuant l’aspect « contre-la-montre » de la malédiction.
Après le succès de la trilogie Cœur d’Encre, Cornelia Funke nous prouve avec Reckless qu’elle reste un des auteurs de jeunesse les plus doués pour le fantastique.

Abarat de Clive Barker




Père de l’horrible et tortueux Pinhead (monstre au visage quadrillé et recouvert d’épingles) qui a lancé la terreur sadique avec Hellraiser, et victime de sa consécration avec les Livres de Sang, Clive Barker nous montre à nouveaux l’étendue de ses talents… et de sa palette ! Tout droit sorti de l'esprit d'un des plus grands auteurs de fantastique de notre époque, la création du monde d’Abarat nous le prouve.
Monde imaginaire composé de vingt cinq îles, toutes représentants une heure de la journée ou de la nuit (sauf la vingt cinquième, qui est plus proche d'un arrêt temporel entre l'Abarat et notre monde) l’Abarat est également composé de créatures toutes aussi extravagantes les unes que les autres (des créatures hybrides, moitié humaine moitié animale voire complètement originales).
Propulsée comme elle le croit malgré elle dans ce monde, Candy, héroïne candide et courageuse (qui n’est pas sans rappeler la Dorothy du Magicien d’Oz) va apprendre à survivre dans Abarat. Elle découvre petit à petit qu’elle n’est pas arrivée par hasard dans ce monde fantastique qui lui semble étrangement familier…
Même si le public visé ici est plus jeune que le public habituel de Clive Barker, petits (entendez par là à partir de 13 ans) et grands sauront trouver leur compte dans cette histoire fantastique peuplée d’un bestiaire des plus original.
Barker l’écrivain a encore une fois créé un univers étrange et merveilleux, où la folie est présente presque partout et où chaque page est un rebondissement ou une surprise, tandis que Barker peintre a représenté ce monde par de sublimes illustration en couleurs, comme il l'a fait pour la plupart des êtres insolites ou fantastiques qui peuplent ses îles (des 300 toiles peintes en quatre ans, 120 sont ainsi reproduites dans le roman).
Abarat sera une trilogie (le tome 2 est déjà paru) et promet une riche aventure tant littéraire que visuelle.
Il n'est donc pas étonnant que Disney ait déjà acquis les droits d’Abarat pour une éventuelle adaptation.