Coraline (et non pas Caroline, faites attention elle y tient) est une petite fille qui vient d'emménager dans une immense maison composée de plusieurs appartements. Délaissée par ses parents trop pris dans leur travail, elle s’ennuie fermement. En explorant la maison, Coraline découvre l'existence d'une porte conduisant à un monde parallèle, exacte réplique de sa propre vie, mais dans une version cependant nettement plus intrigante et intéressante, où vivent ses « autres » parents, copies peu conformes et totalement délurées de sa vraie famille. Mais…
Première incursion de Neil Gaiman dans le monde de la littérature jeunesse (suivront ensuite Nobody Owens, Outremonde ou encore Odd et les géants de glace), Coraline est un véritable petit bijou de fantaisie macabre, d'une délicate noirceur et d'une poésie très proche de celle d'un Tim Burton. Ne soyez surtout pas rebuté par l'appellation "jeunesse" de ce roman, il a l'étrange capacité de s'adapter à toutes les attentes : assez enfantin pour ne pas trop choquer les plus jeunes, mais jamais assez mièvre ou niais pour repousser les adultes. A ne pas mettre malgré tout entre toutes les mains, certains passages sont très durs, comme les « autres » parents, avec leurs énormes boutons en plastique cousus à la place des yeux, qui aimeraient garder Coraline à leurs côtés pour toujours.
Sorte d’ « Alice au Pays des Merveilles » transposé dans un univers beaucoup plus sombre, où l’absurde serait remplacé par l’angoisse, Coraline est un excellent conte moderne et inquiétant qui prouve encore une fois le génie imaginaire de Neil Gaiman. A lire et voir aussi, les adaptations ciné (par Henry Selick, le papa de l’Etrange Noel de Monsieur Jack) et en bande-dessinées de Coraline.
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