mardi 10 janvier 2012

Conversation en Sicile de Elio Vittorini



Silvestro est un homme fatigué, perdu et un peu dépressif. Vivant dans une Italie fasciste, il n’aspire plus à rien. Une lettre de son père va faire résonner en lui l’envie de retourner sur les traces de son enfance, en Sicile.
Passent Florence, Rome, Naples, la Calabre. La « conversation » s'engage à bord du ferry-boat, d'abord avec « de petits Siciliens de troisième classe », pour se poursuivre sur le quai de la Gare maritime de Messine, puis dans le train à destination de Syracuse, et enfin chez sa mère, où il débarque quasi à l’improviste après quinze années d’absence.
Dans chacune de ces « conversations », il est surtout question de la misère, de la pauvreté, de la difficulté à exister dans ce monde en guerre (même si les mots " guerre " et " fascisme " ne viennent jamais sous la plume de Vittorini).
Le récit prend place dans une Sicile certes belle, mais miséreuse, marquée par la maladie et la mort, très réaliste par le côté autobiographique que donne l’auteur à son texte. Elio Vittorini, premier rédacteur en chef de l’Unita (quotidien du Parti Communiste italien) était en effet marqué par la censure de son pays et de l’époque. Bien qu’il annonce le contraire dans une note en fin de livre pour échapper à cette censure (roman sicilien publié en 1937), de nombreux éléments concordent et prouvent que la Sicile qu’il décrit dans son roman est bien la Sicile de son enfance. La fiction dissimule ici l’autobiographie.
Un récit très beau mais aussi très dur.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire