Oskar a neuf ans. Il est doté d’un QI hors du commun et d’une imagination hyperactive qui va le conduire dans l’une de ses énigmes qu’il aimait tant, la plus grande, celle de son père mort un an plus tôt dans les attentats du 11 septembre, qu’il appelle « le pire jour ».
Oskar, en inventeur de génie (il correspond d’ailleurs avec le grand Stephen Hawkins) et détective des situations les plus loufoques (armé de son détecteur de métal dans Central Park), se lance à travers les quatre coins (et les cinq - ou six ? - districts) de New York, dans la quête d’une serrure qu’est censée ouvrir une clé trouvée le lendemain de la mort de son père.
C’est un livre étrange, puzzle qui commence par trois images : une serrure, un vol d’oiseau et un immeuble. On y plonge dedans au début assez septique, pour se laisser ensuite entraîner sans retenue. « Hein, quoi, qu’est-ce ? » comme dirait Oskar.
On suit en parallèle une autre histoire, celle des grands parents d’Oskar qui, en fin de livre, parviendront à résoudre le drame originel de leur séparation.
Après Tout est illuminé, Jonathan Safran Foer nous revient avec un magnifique récit, « extrêmement fort » comme l’annonce le titre, à l’écriture tout simplement exceptionnelle.
Le deuil de cette perte raconté par la voix d’un enfant de neuf ans est bien entendu le principal atout et l’originalité du livre.
Mais ce roman est tellement plus. Du récit puzzle à la construction de l’intrigue, en passant par les répliques cultes (ou en français*) de cet enfant surdoué et curieux de tout, qui s’interroge sur la vie d’une manière exceptionnelle :
« C’est tout de même bizarre que le nombre de morts augmente alors que la terre reste de la même taille, ce qui fait qu’un jour il n’y aura plus de place pour enterrer personne, non ? »
Quand un enfant de neuf ans nous fait méditer sur la vie.
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