À Londres, un réalisateur de cinéma renommé apprend qu’il est atteint d’un cancer. Son plus grand film, chef-d’œuvre et point d’orgue de sa vie, devait raconter l’histoire d’un village terrorisé à l’idée de l’approche du nouveau millénaire, le 31 décembre 999, persuadé que la fin du monde allait survenir. Ce film ne verra malheureusement jamais le jour, mais le réalisateur continue à se l’imaginer et le tourne dans sa tête…
On suit alors en parallèle une double approche apocalyptique, dans un double espace-temps, l’une fictionnelle (avec ce village d’Europe persuadé que le monde prendra fin en l’an mille) et l’autre plus réelle (celle du cancer du réalisateur), explorant la profondeur et les peurs de l’humanité.
Nouvelle collaboration entre Neil Gaiman et le talentueux Dave McKean (après Le jour où j’ai échangé mon père contre un poisson rouge ou encore Mr.Punch), Signal/Bruit fut originalement commandé par le magazine The Face sous forme de feuilleton et intitulée Wipe Out.
Comme toujours avec le duo, la forme narrative est originale, perturbante mais indéniablement poétique. Les illustrations s’enchevêtrent, se juxtaposent, se fondent entre elles, et les intertextes s’y ajustent naturellement, donnant une impression de lecture fluide malgré l’aspect brut de l’ouvrage.
Gaiman et McKean innovent une fois de plus la vision de l’écriture et de la communication, en explorant le rapport signal bruit comme l’a pu faire auparavant Roland Barthes.

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