C’est l’histoire de deux destins que la Méditerranée sépare.
Celui de Farid, jeune libyen qui ne découvre la mer que quand la guerre civile éclate, fuyant avec sa mère Jamila à bord d’un bateau clandestin qui les conduira en Sicile, où ils espèrent pouvoir trouver refuge.
De l’autre côté justement, Vito, dont la mère, Angelina, née en Lybie de parents italiens, a été contrainte à onze ans à fuir par le colonel Kadhafi et de rentrer en Italie. Pendant onze ans, elle a été arabe. Et depuis son retour en Sicile, ses parents et elle ne se sont jamais sentis italiens. Alors, quand Angelina apprend que les italiens peuvent à nouveau retourner en Lybie, elle entreprend ce voyage avec Vito.
Margaret Mazzantini traite dans La mer, le matin d’un aspect bien souvent méconnu du conflit italo-libyen : celui des colons italiens chassés de Lybie, qu’ils considèrent comme leur maison, et contraints de rentrer dans une Italie qui n’est plus la leur.
L’auteure utilise un style très oral, mais efficace, où le principal personnage du roman pourrait être la mer, point commun de ces deux familles. D’un côté la mer pour fuir la guerre, de l’autre, celle pour rentrer à la maison.
Mais La mer, le matin c’est aussi cette beauté du mélange des cultures, les anciens arabes jouant aux dominos avec les italiens, la cirerie où les parents d’Angelina confectionnent des bougies pour chrétiens et musulmans, bénies par curés et imams, pour Noël et le Ramadan.
Après Venir au monde, Margaret Mazzantini se confirme en conteuse hors-pair, qui mêle habillement l’histoire de ces deux familles avec l’Histoire (avec un grand H) de la Lybie et de la Sicile, deux terres séparées par une mer, la Méditerranée.

Roman boulversant sur, en effet, un aspect méconnu de cette ancienne-colonie italienne. Une très belle découverte en cette rentrée littéraire bien terne.
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