Depuis maintenant des années, Misty a abandonné son rêve d’artiste pour être serveuse dans une île qu’elle croyait salvatrice le jour où elle y a emménagé avec son mari Peter. Mari qui n’est plus, puisqu’il a tenté de se suicider. Elle trime pour continuer d’avancer, nourrir sa fille et sa belle-mère envahissante. Mais depuis peu, des estivants de l’île l’appellent pour se plaindre du travail qu’a fait son mari dans leurs maisons. Depuis peu, la cuisine de leur maison a disparu, ou le placard qui se trouvait à un endroit peu avant n’y est tout simplement plus.
Mais Peter a laissé quelque chose, des messages plein de haine graffés sur les murs, des messages de menace, des messages de mort, des messages d’apocalypse…
Ecrit sous la forme de journal intime que Misty adresse à Peter au cas où il se réveillerait, on suit avec elle, jour après jour, les comportements étranges et changeant à son égard de la part des insulaires, ou celui manipulateur de sa belle-mère, voire de sa propre fille. On assiste impuissant, au fil du journal intime, à la décente aux enfers de cette femme qui sombre peu à peu dans la folie, retrouvant l’inspiration et se mettant à repeindre compulsivement sous la bonne garde de sa belle-mère et de son docteur. On ne peut avancer dans la lecture et le dénouement qu’à son rythme à elle, on cherche à savoir quelle machination se cache sur l’île, mais on ne peut le découvrir qu’en cheminant avec elle, au rythme des pages de son journal.
On pense naturellement à Rosemary’s Baby d’Ira Levin, et son air assez malsain de complot ésotérique.
Journal intime s’insinue lentement en nous et libère son poison à petites doses, jusqu’à la révélation finale, qui comme toujours chez Palahniuk, nous laisse sans voix.
Après Fight Club, Choke et Berceuse, ce roman me prouve encore une fois que Chuck Palahniuk est un des talents littéraires contemporains parmi les plus impressionnants.

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