Imaginez que, 6000 mètres au-dessus du sol, sagement calé dans votre place, vous aperceviez une chose pas tout à fait humaine, tapis dans l’aile de l’avion dans lequel vous vous trouvez, en train de mettre en pièces son moteur…
Imaginez qu’un homme étrange vous propose un marché des plus vicieux, mais des plus tentants : simplement en appuyant sur un bouton, quelqu’un qui vous est inconnu mourra, moyennant quoi, vous recevrez une grosse somme d’argent.
Imaginez que, sans raison apparente, un camion fou vous prenne en chasse.
Imaginez un coiffeur-sorcier-vaudou, une visite d’un musée d’un genre particulier, une machine à jazz capable de décrypter les émotions, ou encore un écrivain dont vous seriez le personnage prisonnier.
En 28 nouvelles, l’auteur s’amuse de nos peurs et nos angoisses : la mort, la maladie, la vieillesse, la folie, la fin du monde…
Inutile de présenter Richard Matheson. On le connait tous sans le savoir. Véritable touche à tout (romans, nouvelles, scénarios pour la télé ou le cinéma), on lui doit les textes qui ont donné naissance aux films « Je suis une légende » (inspiré du roman éponyme), « Duel » (premier succès de Steven Spielberg) et plus dernièrement « The Box » de Richard Kelly adapté du « Jeu du bouton », ou encore des épisodes des séries télé « La 4ème Dimension » et « Histoires fantastiques ».
Il établit le fantastique contemporain dès 1950 avec une nouvelle choc : « Journal d’un monstre ». Ces nouvelles, en apparences anodines et ancrées dans la réalité de tous les jours, basculent en quelques phrases. Matheson n’a pas son pareil pour nous tenir en haleine, jusqu’à la chute, qui nous laisse systématiquement sans voix.
Ce dernier tome est le troisième recueil de l’intégralité de ses nouvelles présentées chronologiquement. Dans ce recueil, les nouvelles que l’auteur a écrites entre 1959 et 2003. Beaucoup plus contemporain donc. Rien n’est à jeter ! On y explore tous les styles de l’auteur : fantastique, horreur pure, gothique, science-fiction…
Salué par Stephen King comme son maître, Richard Matheson demeure l’inventeur de la terreur moderne.
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