Kemper a tout pour être heureux. Maison. Femme. Fille. Voisins agréables. Il travaille au crématorium de la région (chose plutôt ironique vu le sujet). Jusqu’au jour où il rencontre par hasard un de ses voisins, pourtant décédé quelques semaines auparavant.
Car subitement, les morts ont repris vie.
D’abord inoffensifs, leur condition les rattrape vite et ils se mettent à dévorer.
Dès lors, la vie de Kemper bascule. Sa femme et sa fille le quittent. Il se retranche. D’abord chez lui (on pense à Je suis une légende), puis dans une ex-caserne bondée de marginaux bien décidés à massacrer du mort-vivant avant d’y rester, dans un monde devenu un cimetière à ciel ouvert.
Ici l’intrigue ne se situe pas comme souvent dans une Amérique surarmée, où le héros dézingue du zombie qui pointerait son nez décomposé devant sa porte. On se trouve dans une France fictive, un brin franchouillarde, perturbée par la résurrection des morts (le phénomène est expliqué plus tard dans le récit) et vue au travers des yeux d'un héros ordinaire, un citoyen commun, perdu dans cette mare de morts.
Ils font peur sans forcement être dangereux (seulement au départ, puisqu’après, leur condition de dévoreur de chair revient très vite). Mais leur nombre constitue une gêne. Une vraie foule.
« Ils souffrent. Ils se multiplient. Il n’y a rien à faire. Ils sont partout. Et si nombreux. De plus en plus nombreux. »
Les pouvoirs rentrent en jeu. En premier lieu mal à l’aise, sceptiques, ils sont rapidement rattrapés par le phénomène et vite débordés par cette marée de morts totalement désœuvrée.
On commence par chercher une solution, puis on en arrive à des prémisses d’extermination de masse.
Un horizon de cendres est une réflexion ancrée dans notre époque, un récit qui mêle habillement la lutte et la survie contre les zombies, et l’incompréhension du phénomène, voire l’ostracisme. L’invasion zombie est souvent prétexte à explorer les travers de notre société et les déviances du comportement humain.
Andrevon aime les morts-vivants, on le ressent (après avoir déjà signé avec Les revenants de l’ombre), et on passe dans ce roman de Romero à Matheson de manière fluide et porté par une écriture réaliste qui maîtrise le sujet, qui semble parfois s’écarter de l’anticipation post-apocalyptique pour s’aventurer dans l’uchronie.
À noter la superbe couverture, qui peut choquer, mais qui résume tout à fait l’art de Jean-Pierre Andrevon.

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