lundi 25 mars 2013

D'autres Royaumes de Richard Matheson



En 1918, Alex White, écrivain prolifique, s’installe suite à une blessure à Gatford, paisible village anglais, pour profiter de sa convalescence. Véritable hameau de verdure, ce cadre idéal et ce cottage des plus agréables sont cependant bordés d’une immense forêt qu’on dit hantée par des esprits capricieux et revanchards.
Mais ces bois vont attirer Alex jusqu’à Magda, une veuve au charme si envoûtant qu’on la dit sorcière. Elle y va elle-aussi de ses avertissements sur les bois, conseillant à Alex de ne plus jamais y pénétrer. Mais les verdoyants mystères qu’elle regorge le pousse à y retourner.
Là, il rencontrera les fées, les créatures de la forêt, le danger, mais aussi l’amour…
D’autres Royaumes marque, après dix ans d’absence, le grand retour sur la scène de l’écriture de Richard Matheson père (à ne pas confondre avec son fils Richard Christian Matheson, auteur du sublime Dystopia).
Auteur qu’il est inutile de le présenter, on le connait tous sans le savoir. Véritable touche à tout (romans, nouvelles, scénarios pour la télévision ou le cinéma), on lui doit les textes qui ont donné naissance aux films « Je suis une légende » (inspiré du roman éponyme), « Duel » (premier succès de Steven Spielberg) et plus dernièrement « The Box » de Richard Kelly adapté du Jeu du bouton, ou encore des épisodes des séries télé « La 4ème Dimension » et « Histoires fantastiques ».
Il établit le fantastique contemporain dès 1950 avec une nouvelle choc : Journal d’un monstre. Ses nouvelles, en apparences anodines et ancrées dans la réalité de tous les jours, basculent en quelques phrases. Matheson n’a pas son pareil pour nous tenir en haleine, jusqu’à la chute, qui nous laisse systématiquement sans voix. Ses romans sont aussi très reconnus comme l’attestent les diverses adaptations cinématographiques de Je suis une légende et L’homme qui rétrécit.
Salué par Stephen King comme son maître, Richard Matheson demeure l’inventeur de la terreur moderne.
Pour revenir à nos moutons, D’autres Royaumes s’ouvre comme un conte fantastique classique et mignonnet, où le héros découvre l’existence d’autres royaumes dans un petit village anglais et y rencontre les créatures mythiques et habituelles à ce genre de récit (griffons, basilic, fées, sorcières…). Mais très vite, il va découvrir que cet autre royaume cache un côté sombre et dangereux. L’histoire prend alors ici un tournant très intéressant.
De plus, le narrateur nous raconte les diverses rencontres qui ont marquées sa vie. Le récit est entrecoupé des révélations du vieil homme sur ses erreurs de jeunesse et ses amours interdits. Erreurs qui l’ont conduit jusqu’ici et qui donnent donc tout son sens au récit fantastique.
Côté écriture, Richard Matheson offre, comme à son habitude, un récit fluide, mêlant fantastique, récit historique et romance, et fourmillant de détails qui rendent l’atmosphère fantastique du conte très imagée, presque cinématographique.
Même si D’autres Royaumes se classe largement en-dessous du talent narratif de Je suis une légende ou encore Le jeune homme, la mort et le temps, on ne peut que prendre du plaisir à retrouver, après dix ans d’absence, l’excellent conteur qu’est Richard Matheson.

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